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Conditions d’application

Comme la préparation de surface, les conditions d’intervention, lors de l’application des revêtements, sont déterminantes sur la qualité du résultat obtenu et sur la durée de vie de la protection anticorrosion comme de l’aspect visible de la surface.

Les références normatives

La norme NF P 74-201

On trouve des indications intéressantes sur ce sujet dans la norme NF P 74-201, référence DTU 59.1, en cours de révision, qui s’intéresse principalement aux travaux de peinture en bâtiment sur tous supports, dont les supports métalliques. L’article 6.1 qui traite des « Conditions minimales d’intervention » rappelle quelques recommandations importantes : Ils ne sont jamais exécutés en atmosphère susceptible de donner lieu à des condensations, ni sur des subjectiles gelés ou surchauffés, ni non plus, de façon générale, dans des conditions activant anormalement le séchage (vent, soleil, etc..).

Elle donne aussi des recommandations de bon sens sur les conditions de température et d’humidité relative.

La norme ISO 12 944

La norme ISO 12 944, dans sa partie 5, donne des caractéristiques générales concernant chacun des principaux types de peinture, classés selon leur mode de séchage et selon le type de liant ; nous en reproduisons ci-après des extraits. Pour chacun d’eux, elle indique aussi des recommandations importantes à connaître dont les conditions de température et d’hygrométrie nécessaires au durcissement des peintures.

Les questions touchant à l’exécution des travaux de peinture n’ont pas échappé aux rédacteurs de la norme ISO 12 944. Il s’agit là particulièrement de la partie 7 de cette norme traitant de l’exécution et la surveillance des travaux de peinture. On y trouve des précisions concernant en particulier :

  • la fourniture des produits de peinture,
  • le stockage des produits de peinture,
  • l’application à la brosse,
  • l’application au rouleau,
  • l’application au pistolet.

Enfin cette dernière norme traite dans son paragraphe 6.3 des vérifications à faire sur le revêtement. Il est à noter qu’aujourd’hui les applications et les contrôles peuvent être réalisés respectivement par des opérateurs et des inspecteurs certifiés ACQPA.

Rôle du Fabricant et de l’Entrepreneur

Ceci rappelé, dans le domaine très technique de la peinture industrielle, il convient de ne pas perdre de vue que c’est le Fabricant des produits qui doit informer les utilisateurs des conditions.

L’ACQPA le rappelle au § 4.3, page 16, du préambule de son ouvrage de présentation de tous les Systèmes de Peinture certifiés, édition de mars 2014. Ces données sont ensuite reprises dans le tableau B de chaque fiche descriptive des systèmes certifiés :

  • Conditions atmosphériques durant l’application et le séchage :
    • température mini/maxi : (le plus fréquent + 7°C / 35°C)
    • hygrométrie mini/maxi : (le plus fréquent < 85%)
  • Température du support mini/maxi : le plus fréquent 3°C au dessus du point de rosée et 40°C.

Nous recommandons donc de se référer scrupuleusement à ces informations transmises par le Fabricant et/ou l’ACQPA, connues de l’OHGPI qui en tient compte dans l’étude de chaque dossier.

Conclusion : il convient que l’adhérent qui remplit le premier la demande d’homologation, l’Entrepreneur ou le Fabricant, précise sans ambiguïté toutes ces informations et notamment :

  • la période prévue pour l’exécution des travaux,
  • les retouches éventuelles (ou post-touches),
  • le ou les mode(s) d’application,

et communique toutes les autres informations sur le déroulement des travaux ; il peut joindre le cahier des charges qui, fréquemment, les précise en détail.

Conditions de séchage des principaux types de peinture

Peintures à séchage à l’air

Le feuil durcit par évaporation des solvants organiques ou de l’eau suivie d’une réaction du liant avec l’oxygène présent dans l’air.

Les principaux types de liants sont :

  • les alkydes,
  • les alkydes uréthanes,
  • les esters époxydiques.

Le temps de séchage dépend, entre autres facteurs, de la température. La réaction avec l’oxygène peut avoir lieu jusqu’à 0°C, bien qu’elle soit beaucoup moins rapide aux basses températures.

Peintures solvantées

Le feuil sèche par évaporation des solvants. Ce processus est réversible, c’est à dire qu’une fois sèche, la pellicule reste soluble dans son solvant d’origine.

Les principaux types de liants sont :

  • le caoutchouc chloré,
  • les polychlorures de vinyle (également appelés PVC),
  • les résines acryliques,
  • le bitume.

Peintures en phase aqueuse

Dans ces peintures, le liant est dispersé dans l’eau.

Le feuil durcit à mesure que l’eau s’évapore et par la formation en pellicule (coalescence) du liant dispersé. Ce processus n’est pas réversible. Une fois sec, ce type de revêtement n’est donc plus soluble dans l’eau.

Les principaux types de liants sont :

  • les dispersions acryliques,
  • les dispersions vinyliques,
  • les dispersions de polyuréthannes.

Le temps de séchage va être fonction, entre autres, de la ventilation, de l’humidité relative et de la température. Le séchage peut avoir lieu jusqu’à + 3°C, bien qu’il soit beaucoup moins rapide aux basses températures.

Peintures époxy à deux composants

Les liants présents dans le composant de base sont des polymères dont les groupes époxy réagissent avec les durcisseurs appropriés.

Les principaux types de liants sont :

  • les époxy,
  • le vinyle époxydique; l’acrylique époxydique,
  • les combinaisons époxy (par exemple les résines hydrocarbures époxy- diques ou brai-époxy).

Les formules peuvent être solvantées, en phase aqueuse ou sans solvant.
Les peintures à liant époxy farinent lorsqu’elles sont exposées à la lumière du soleil.
Si la persistance du brillant ou de la couleur demandée doit être bonne, il convient de choisir comme couche finale un polyuréthanne aliphatique ou un produit approprié à séchage physique.

Les durcisseurs les plus couramment utilisés sont les polyaminoamines (polyamines), les polyaminoamides (polyamides) ou des produits dérivés de ceux-ci.
Les polyamines donnent des revêtements qui offrent en général une meilleure résistance aux produits chimiques.
Les polyamides conviennent mieux aux primaires en raison de leurs propriétés de mouillage satisfaisantes.
Le durcissement ne nécessite pas d’exposition à l’air. Le temps de séchage dépend, entre autres facteurs, de la ventilation et de la température. Le durcissement peut avoir lieu jusqu’à + 5°C.

Peintures polyuréthanne à deux composants

Les liants sont des polymères ayant des groupes hydroxyles libres et réagissant aux agents durcissants appropriés.

Leur composition est solvantée ou sans solvant, selon les cas.
Les principaux types de liants sont :

  • le polyester,
  • les acrylates,
  • les époxy,
  • les polyéthers,
  • les résines fluorées.

Les durcisseurs les plus couramment utilisés sont les polyisocyanates aromatiques ou aliphatiques. La persistance du brillant et de la couleur des produits durcis par polyisocyanates aliphatiques est excellente mais dépend du choix du composant de base qui leur est associé.

Les polyisocyanates aromatiques utilisés comme durcisseurs permettent un séchage plus rapide mais supportent moins bien les expositions à l’extérieur, ayant une tendance plus rapide au farinage et à la décoloration. Le durcissement ne requiert pas l’exposition à l’air. Néanmoins, le temps de séchage dépend, entre autres facteurs, de la ventilation et de la température. La réaction du durcissement peut avoir lieu jusqu’à 0°C, et même moins, mais il est préférable de maintenir le taux d’humidité relative dans la fourchette recommandée par le fabricant, afin d’éviter toute formation de bulles ou de piqûres d’épingle.

Peintures durcissant par l’humidité

Le feuil sèche par évaporation du solvant. Il durcit par réaction chimique avec l’humidité présente dans l’air. Les principaux types de produits sont :

  • le polyuréthanne (en un composant),
  • le silicate d’alkyle, par exemple,
  • les silicates d’éthyle (en deux composants),
  • les silicates d’éthyle (en un composant).

Le temps de séchage va dépendre, entre autres facteurs, de la température, de la ventilation, de l’humidité et de l’épaisseur du feuil.
La réaction de durcissement peut avoir lieu jusqu’à 0°C, et même moins à condition que l’air ait un certain taux d’humidité. Plus le taux d’humidité relative est faible, plus le durcissement est lent.
Pour éviter toute formation de bulles, de piqûres d’épingles et d’écailles, etc., il est important de se conformer aux instructions du fabricant pour ce qui concerne les valeurs limites de l’humidité du subjectile, de l’humidité relative et de l’épaisseur du feuil sec et mouillé.